Route des Balkans

Au cours du voyage de notre délégation des droits humains à la frontière bosno-croate, nous avons rencontré beaucoup de réfugié.e.s désespéré.e.s. Ils et elles nous ont parlé de mauvais traitements infligés par les gardes-frontières croates. Ces policiers battent, volent et humilient sans vergogne les réfugié.e.s et les renvoient en Bosnie ou en Serbie.

En décembre 2017, la police de frontière avait ordonné à la famille afghane Hussiny de rentrer en Serbie pendant la nuit sur des voies ferrées. Madina, la fille de six ans de la famille, frappée par un train dans le noir et dans la panique, était décédée surplace.

Ces renvois sont illégaux. Mais ces violations flagrantes des droits humains sont couvertes par l'UE, qui veut boucler sa frontière extérieure orientale en Croatie. La Suisse est coresponsable car, comme l'UE, elle envoie des gardes-frontières en Croatie. Cette coopération est totalement inacceptable. Par ailleurs, la Suisse n'a pris aucune initiative politique ou humanitaire pour alléger le sort des réfugié.e.s bloqué.e.s en Bosnie.

Nous devons rappeler au Conseil fédéral que la politique extérieure de notre pays ne doit pas seulement représenter des intérêts économiques, mais aussi la tradition humanitaire de la Suisse et la promotion des droits humains. Nous vous prions donc de signer personnellement cette lettre et de l'envoyer au Conseil fédéral - avec copie à nous.

Au cours de notre voyage, nous avons vu beaucoup de choses terribles, mais aussi de bonnes et nobles choses. En Bosnie et en Croatie il existe de petites initiatives locales pour aider les réfugié.e.s: par exemple Latan, un homme qui a connu la guerre civile en Bosnie et qui distribue 400 repas gratuits par jour avec ses collègues, ainsi que des vêtements et des chaussures. Les femmes d'une initiative de paix à Zagreb fournissent une aide juridique, documentent la violence à la frontière et portent plainte contre les autorités.

Toutes ces initiatives sont confrontées à de grandes difficultés financières. Avec votre don, vous aidez ces personnes engagées à poursuivre leur précieux travail pour les réfugié.e.s.

Merci beaucoup pour votre solidarité

Das Ende der Menschenrechte in Europa

de Heike Schiebeck, Longo maï, EBF, 1 mai 2019, publié à Archipel 281

La fermeture de la route des Balkans n’a pas donné les résultats escomptés. Les gens se dirigent toujours vers le nord. Cependant, les itinéraires sont devenus plus dangereux et les méthodes de dissuasion plus brutales. Fin mars, en Bosnie, le paysage commence à verdir, les cerisiers fleurissent. Dans les villages, les minarets s’élèvent comme des crayons taillés dans le ciel du printemps. Au crépuscule, des groupes de personnes chaudement habillées, chargées de sacs de couchage et de sacs à dos, se dirigent vers la frontière. Sous la conduite du Forum Civique Européen, une délegation de six membres s’est rendue à la frontière entre la Bosnie et la Croatie pour observer sur place où en sont les Droits humains. Nous avons été alarmé·es par les témoignages et les reportages des médias concernant le recours massif à la force par la police des frontières croate et la suspension du droit d’asile dans cet Etat membre de l’UE. En arrivant à Velika Kladuša, à l’extrême nord-ouest de la Bosnie, un groupe de jeunes hommes aborde notre véhicule, demandant de l’argent, de la nourriture et de l’aide. Depuis la fermeture de la route des Balkans orchestrée par le chancelier autrichien Sebastian Kurz, de nombreux·ses réfugié·es ont échoué en Bosnie du fait de sa situation géographique à la frontière extérieure de l’UE. Dans le canton d’Una-Sana, les autorités ont fixé un plafond de 3.500 personnes pouvant être prises en charge dans les camps de réfugié·es. Les autres sont sans abri. Des centaines de personnes vivent à l’extérieur des camps dans des maisons abandonnées, des ruines ou des tentes, sans nourriture suffisante, sans soins médicaux et sans possibilité de se laver ni de laver leurs vêtements. Pendant les mois les plus chauds de l’année, des dizaines de milliers de personnes vont quitter les camps surpeuplés en Grèce et se diriger vers le nord puis atterrir en Bosnie. Rien n’a été préparé pour faire face à cette situation humanitaire. Durant notre séjour, nous nous sommes entretenus avec un inspecteur de police du service responsable des affaires étrangères à Bihaæ, des employés de l’OIM (Organisation internationale pour les migrations), des volontaires étrangers et locaux, ainsi qu’avec le CPS (Centre d’études pour la paix) à Zagreb.

UNGARN: Terrorismus auf Ungarisch

de Michael Rössler, Fédération Européenne des Radios Libres (FERL), Forum Civique Européen (FCE), 24 févr. 2018, publié à Archipel 267

Am 8., 10. und 12. Januar fanden neue Verhandlungen im Prozess gegen Ahmed H. statt, der Ende 2016 in Ungarn wegen «Terrorismus» zu 10 Jahren Haft verurteilt worden war. Ein Vertreter des Forum Civique war als internationaler Prozessbeobachter vor Ort.