ici & ailleurs

Comprendre le patriarcat

de bell hooks, 1 juil. 2019, publié à Archipel 283

Dans ce texte, extrait de son livre The Will to Change: Men, Masculinity, and Love, bell hooks* parle de son expérience personnelle du patriarcat, notamment dans son enfance, puis de comment il affecte les femmes et les hommes.

Spartacus et la révolte des esclaves

de Valentina Malli, FCE France et Tonino PERNA, Economiste, sociologue et l'un des promoteurs du projet Spartacus, 1 juil. 2019, publié à Archipel 283

Spartacus, indigné par les conditions inhumaines dans lesquelles lui et les autres gladiateurs étaient tenus, décida de se rebeller, prenant la tête d’une des plus grandes révoltes d’esclaves dans la Rome antique. Nous étions en 73 avant JC. Aujourd’hui, le projet pilote «Spartacus», dont il va être question dans ces lignes, a pour objectif la libération des nouveaux esclaves: les migrant·es qui vivent dans les bidonvilles situés dans cet infernal triangle des Bermudes du sud de l’Italie, entre Rosarno, San Ferdinando et Gioia Tauro, dans lequel se perd toute trace d’humanité. Les promoteurs du projet Spartacus sont l’association «Interculturale International House», le mensuel «Altreconomia», la fondation «Vismara» et la coopérative «Chico Mendes». (voir encadré) Le projet «Spartacus» vise à mettre en place une étape initiale pour impliquer et émanciper au minimum une vingtaine de ces réfugié·es qui vivent dans les bidonvilles, dans des conditions totalement dégradantes. Choisi·es parmi celleux plongé·es dans les conditions les plus difficiles, illes seront inséré·es au travers d’un stage de trois mois dans un réseau de diverses associations, entreprises, fondations, organismes sociaux, coopératives et communautés qui respectent les droits sociaux. Dans cette phase sera initiée une formation soit professionnelle, en trouvant l’emploi le mieux adapté à la personne, soit sur le plan socioculturel, notamment linguistique, la maîtrise de l’italien étant une base nécessaire à la socialisation. A la suite de quoi un contrat professionnel pourra être conclu. A travers ce projet pilote, on pourra cerner les difficultés rencontrées, afin d’améliorer la procédure et de formuler un nouveau projet plus large, qui impliquera beaucoup plus de personnes, plus d’acteur·trices et plus de financeur·euses, dans les zones de Rosarno en Calabre, Nardo dans les Pouilles et Comiso-Vittoria en Sicile. L’objectif de ce pas suivant est de sortir des bidonvilles-ghettos environ 300 migrant·es en leur rendant leur dignité, en élargissant le réseau de l’économie solidaire et en créant des alliances entre les associations écologistes de l’agriculture biologique et biodynamique. L’intention est d’impliquer aussi les entités locales, comme les petites communes des montagnes et des collines, dans lesquelles, depuis des décennies, le dépeuplement est un processus apparemment inéluctable. Dans le Mezzogiorno, (le «midi» de l’Italie, désignant sa partie méridionale et ses zones insulaires), plus de 30% des terres collinaires, qui portèrent des cultures de céréales, d’oliviers et de vignes, sont abandonnées. Le panorama de ce qui en reste est l’emblème du gaspillage des ressources naturelles et de l’habitat, encore plus paradoxal dans une phase historique telle que la nôtre, dans laquelle les denrées alimentaires de qualité deviennent toujours plus rares. Un patrimoine qui est en train de se perdre au fil des ans à cause du changement climatique, de l’exploitation par l’agriculture industrielle et de la croissance exponentielle des zones bétonnées. Spartacus veut créer une filière agroalimentaire alternative à celle du capitalisme exploitant brutalement la nature et les humains, pour démontrer qu’une autre économie est possible. Pour démontrer qu’il est en notre pouvoir de formuler un projet de renaissance sur le plan économique, civil et culturel, grâce aussi à la valorisation de la présence de migrant·es. Il faut se souvenir que la Calabre a, au cours des vingt dernières années, montré deux visages: l’un est celui de Riace, désormais mondialement connu comme le village de l’accueil, qui renaît grâce aux migrant·es, et l’autre est la tangible, honteuse et terrible réalité des bidonvilles, des villes de toiles, des cabanes abandonnées dans lesquelles vivent les migrant·es, à Rosarno. Ils sont près de 3500 saisonnier·es qui fournissent la main-d’œuvre à très bas prix aux producteur·trices d’oranges, clémentines et kiwis de la région. Huit ans après la révolte urbaine de Rosarno, dans la plaine de Gioia Tauro, les conditions de vie et de travail dans le ghetto des travailleur·euses migrant·es sont restées presque inchangées. Malgré les dénonciations et les manifestations de protestation (le 7 janvier 2010 les migrant·es descendirent sur la place avec rage pour protester contre une exploitation inacceptable, les agressions et les mauvais traitements), rien n’a changé et cette situation désespérée s’est perpétuée jusqu’à aujourd’hui. Outre le camp de tentes monté par la Préfecture qui permet à près de 400 migrant·es de vivre d’une manière a peu près décente, 2000 autres personnes vivent encore dans des conditions scandaleuses. Suite aussi à l’homicide du jeune syndicaliste malien Soumaila Sacko, en mai 2018, aux multiples incendies dans lesquels ont trouvé la mort une jeune femme nigérienne, Becky Moses, et un jeune Sénégalais, Moussa Ba, la vie des migrant·es est demeurée un enfer. Les conditions climatiques sont très difficiles dans la plaine de Gioia Tauro (ancienne zone alluviale, c’est la zone tyrrhénienne la plus pluvieuse de tout le sud de l’Italie). Des hivers très froids et très humides contraignent les migrant·es à camper dans des bidonvilles plantés dans la boue, avec des bâches en plastique et des tôles pour s’abriter, sans sanitaire, sans eau courante ni électricité. Cette population, en dépit de son âge moyen entre 20 et 30 ans, est gravement frappée par la maladie, parce qu’elle est toute la journée dans l’humidité, payée seulement 20 euros pour plus de dix heures de travail quotidien. Une filière de l’exploitation brutale, qui s’impose du sommet jusqu’aux migrant·es, dernier maillon d’une chaîne qui porte bien son nom. Par exemple, c’est la plus grande multinationale du secteur alimentaire, Nestlé, (qui produit l’orangeade Fanta), qui achète à Rosarno les oranges à 8 centimes le kilo. Pour pouvoir s’aligner sur ce prix, le petit propriétaire terrien, exploité par la multinationale, exploite à son tour les travailleur.euses. Si on y ajoute la dureté inhumaine de certains contremaîtres et l’inertie des institutions, le tableau est complet. Si l’on veut d’un côté voir renaître Riace, alors de l’autre on ne peut regarder sans réagir cette honte humaine qu’est Rosarno, qui fait partie de l’Italie, qui fait partie de l’Europe. Mettre fin à cette situation dramatique, sauver de conditions dégradantes, de la mort sociale, des centaines de personnes et leur permettre d’accéder à une situation enfin digne, ne se fera pas en quelques années. Pour Spartacus, ceci est un grand défi, difficile mais pas impossible à relever. En tout cas, le chemin est tracé. Valentina Malli, FCE France et Tonino PERNA, Economiste, sociologue et l'un des promoteurs du projet Spartacus

Un fonds de dotation pour Notre Dame-des-Landes

1 juil. 2019, publié à Archipel 283

Depuis plusieurs années, à vrai dire, depuis quasiment ses débuts, nous relayons la lutte de la zad de Notre-Dame-des-Landes dans Archipel. Aujourd’hui, celles et ceux qui sont resté·es sur place tentent de péréniser les terres sauvées du projet d’aéroport, pour éviter qu’elles ne passent d’un usage industriel à l’autre, celui de l’agriculture productiviste. Nous ne pouvons que les soutenir dans cette démarche et vous invitons à en faire autant, en participant financièrement à l’achat des terres. (Voir plaquette jointe)

Jean Ziegler – citoyen et rebelle

de Alexander Behr, FCE Autriche, 1 juin 2019, publié à Archipel 282

Nous sommes liés à Jean Ziegler par une longue histoire, débutée par la solidarité avec les réfugiés du Chili en 1973. Cette année, il fête ses 85 ans. Un groupe d’auteur·es suisses a publié à cette occasion un recueil de plus de vingt-quatre contributions1, dont celles de ses fidèles compagnes et compagnons de route, mais aussi d’auteur·es plus jeunes. Nous proposons ici en deux parties celle d’Alexander Behr, membre du FCE. Jean Ziegler est souvent venu à Vienne, où sa pensée, ses actes, ont créé des pistes de réflexion pour un grand nombre de personnes des mouvements sociaux et de la société civile, de membres de partis progressistes et de syndicats, de paroisses et d’associations, ainsi que d’universitaires. Inlassablement, il se bat, sur les ondes de la radio autrichienne, dans des talk-shows et dans les journaux, pour une société plus juste. Ses livres sont largement chroniqués et surtout très lus par les jeunes. Citant Marx, Jean Ziegler affirme que tout révolutionnaire doit pouvoir «écouter pousser l’herbe». Ille doit donc d’abord analyser et comprendre les tendances changeantes et émancipatoires de la société, avant de les renforcer et de les associer. Deux de ses interventions récentes à Vienne semblaient particulièrement inspirées par ce principe de Marx, et avaient pour nous et notre ville une signification particulière. Il serait très exagéré de croire que des impulsions révolutionnaires d’importance soient uniquement parties de Vienne ces dernières décennies. Pourtant, en deux occasions, on a senti l’importance de la «critique dans la mêlée» de Ziegler, par laquelle il intervient depuis tant d’années dans le débat public.

L’université comme lieu de production de savoir critique

En novembre 2009, les étudiant·es de l’université de Vienne ont occupé le plus grand amphithéâtre, l’Audimax, pour protester contre la réforme de Bologne2, la limitation de l’accès aux universités et leur orientation néolibérale. A cette époque, Vienne était véritablement le point de départ des protestations étudiantes de toute l’Europe. Rien qu’en Allemagne, après l’occupation de l’Audimax, plus de soixante-dix amphis et salles de cours ont été occupés. Jean, présent alors à Vienne pour une conférence, a estimé qu’il était naturel de se solidariser avec les manifestations. Les étudiant·es, les professeur·es et d’autres activistes extra-universitaires se sont entassé.es dans l’amphi plein à craquer. La conférence de Ziegler, cette fois encore, fut passionnante, son langage précis et détaillé, en même temps d’une clarté stupéfiante et sans fioritures. Une université critique, selon lui, doit forger les armes de l’intelligence analytique. Les intellectuel·les sont les producteurs de biens communs symboliques par leur contenu de conscientisation. Les universités sont des lieux où la lutte de classe théorique doit être menée. Alors que les conquêtes des université libres et critiques sont aujourd’hui menacées, il est de notre devoir de combattre l’idéologie de concurrence entre les étudiant·es qui bloque le processus d’apprentissage et constitue un obstacle important à la formation de l’intelligence collective. Contrairement au savoir dominant, fractionné, qui empêche la recherche de causes contextuelles, nous devons analyser la crise multiple de notre société et développer des alternatives au capitalisme. C’était et c’est la passion de ses paroles parlées et écrites qui ont enthousiasmé bon nombre d’entre nous et continuent de le faire. Jean Ziegler réussit toujours à trouver pour l’analyse un langage qui ne soit pas simpliste ou – dans le mauvais sens du mot – populiste. En même temps les paroles et les écrits de Ziegler ne sont jamais si compliqués qu’ils ratent leur objectif qui est d’éveiller la conscience critique de ses lectrices et lecteurs. En bref, pour des chercheur·euses comme pour les activistes des mouvents sociaux, l’oeuvre de Jean Ziegler est essentielle. Lors d’innombrables colloques, émissions de télévision et de radio et d’échanges personnels, Jean Ziegler a souvent raconté comment Che Guevara, dont il était le chauffeur pendant la conférence du sucre à Genève en 1964, l’avait mis sur la voie. «Comandante, je veux partir avec vous», lui avait dit le jeune Ziegler, avant de se faire violemment rembarrer par le Che. C’est ici, dans le ventre de la bête, qu’il lui faut combattre, non dans des lieux et des conditions auxquelles il n’est absolument pas préparé. Selon le credo du comandante, chacun·e doit lutter là où ille est. Ziegler a toujours dit combien il avait été déçu et vexé à l’époque – cependant l’injonction du Che lui a ouvert un énorme champ d’action. Ziegler s’est consacré à la voie de ce qu’il appelle «intégration subversive» dans les institutions, puisque apparemment – j’en suis convaincu – il ne suffit pas de mener un combat exclusivement extra-institutionnel pour une transformation sociale et écologique de la société, encore moins pour la révolutionner. Il s’agit de combattre l’hégémonie sociétale. Pour cela différentes stratégies doivent interagir ensemble de manière productive: des mouvements sociaux, des ONG, des partis de progrès et des paroisses, des membres de syndicats et d’appareils de l’Etat, des entrepreneurs progressistes, doivent développer à l’intérieur de la gauche une sorte de synergie dans la répartition du travail, dans laquelle les universités ont sans aucun doute un rôle important à jouer. Même si elles sont attaquées par le poison du néolibéralisme, elles font la preuve qu’elles continuent à être tout autour du globe le refuge de la pensée critique. Il y a environ dix ans, dans son discours à Audimax, Ziegler parlait de fournir des armes aux jeunes. Ces armes seraient la raison analytique et la pensée critique. Elles seules sont capables d’apporter de la transparence à ce système de domination soi-disant légitimé par les lois de la nature et de le changer radicalement. Jean Ziegler considère d’une manière formidable que la critique sociale doit être développée – en citant Marx – comme «tête de la passion», pas simplement comme «passion de la tête» (Marx 1843/44:380). Car la critique s’enracine toujours dans un affect, plus précisément l’affect de la révolte envers l’injustice des conditions sociales; la critique peut alors stimuler. Son non n’est jamais indifférent. Jean Ziegler a apporté tout cela dans l’Audimax et dans d’autres discours ultérieurs il en est toujours arrivé à ce point.

Mode de vie impérial

L’expression analytique et politique du «mode de vie impérial», inspirée par Ulrich Brand et Markus Wissen, est présente dans la tradition de pensée et d’actes de Jean Ziegler. Il veut dire en gros que la plupart des gens du Nord globalisé, c’est-à-dire des pays occidentaux riches, comme un nombre croissant de pays soi-disant émergents, vivent aux dépens de la plus grande partie de l’humanité et de l’environnement. Afin de consolider le «mode de vie impérial», on bafoue systématiquement les droits humains, on chasse des paysan·nes et des groupes indigènes de leurs terres, les ressources naturelles sont pillées et le changement climatique est de plus en plus virulent. Toutes ces choses n’arrivent pas «par hasard», on ne peut pas seulement les imputer à la cupidité et à l’appétit de pouvoir des élites régnantes: il s’agit bien plus d’un symptôme structurel du capitalisme. L’impératif de croissance qui l’habite ne tient aucun compte des droits humains, de l’environnement et du climat. Dans le 1er tome du Capital, Karl Marx écrivait: «La production capitaliste développe seulement les techniques et la combinaison des processus de production de la société, du fait qu’elle détériore les sources de toutes les richesses: la terre et les travailleurs» (Marx 1867: 530). Pour un grand nombre de gens – Jean Ziegler ne se lasse pas de le faire remarquer en paroles – la persistance et l’approfondissement du mode de vie impérial signifie une destruction progressive de leurs bases de vie et une amplification des relations de dépendance. La globalisation capitaliste et un élargissement global du mode de vie impérial font grimper sans cesse le besoin en ressources naturelles. La concurrence pour la terre, comme en Afrique, est en augmentation. Ainsi l’intérêt du profit passe avant la satisfaction des besoins de base de la population. Des tensions impériales pour l’écologie s’aiguisent, et dans la mesure où le mode de vie impérial se répand, et que l’extérieur dont il dépend se réduit, il creuse sa propre tombe. Le mode de vie impérial est étroitement lié aux habitudes de consommation des sociétés industrielles et des pays émergents. Ces habitudes de consommation ne sont pas tombées du ciel. Elles sont bien davantage le produit des conflits sociaux des 19e et 20e siècles. Comment en est-on arrivé là? Pour apaiser les élans révolutionnaires du prolétariat industriel, nés après de longues luttes et des privations, la classe dirigeante a cédé sur quelques-unes des revendications du prolétariat industriel européen: le capitalisme manchestérien, et avec lui les conditions épouvantables décrites par Friedrich Engels dans sa célèbre étude sur la classe ouvrière anglaise, ont en grande partie disparu dans les pays du Nord globalisé; même si on observe des tendances inquiétantes du retour de conditions de travail comparables, surtout pour les migrant·es. En me référant au théoricien italien Antonio Gramsci, je représente la conception selon laquelle l’hégémonie du modèle économique capitaliste dans les pays occidentaux ne peut être stabilisée que si les exigences d’augmentation de salaire et de conditions de travail à peu près supportables des travailleurs·euses organisé·es sont progressivement satisfaites. Une part toujours plus grande de la population de ces régions pourrait aujourd’hui participer à la prospérité: des autos, une maison individuelle avec télévision, réfrigérateur et machine à laver, voyages en avion, une consommation de viande en augmentation, des fruits et légumes en toutes saisons, sont devenu·es la norme pour les masses américaines du Nord et d’Europe depuis la fin des années 1950. Plus récemment sont arrivés les téléphones portables, les ordinateurs et d’autres appareils électroniques dont la durée de vie est relativement courte. La classe ouvrière des pays soit-disant développés a pu ainsi obtenir des améliorations matérielles, mais en même temps elle a été confrontée à une aliénation croissante dans le monde du travail ainsi qu’au sexisme, une évolution thématisée surtout par des intellectuels tels que Ernst Bloch, Silvia Federici et la génération «de 1968». Mais les conquêtes matérielles de la classe ouvière européenne ont eu un prix bien plus fatal: l’exploitation et la servitude des pays du Sud ont été intensifiées de manière perfide. Bien que l’esclavage et le colonialisme n’existent plus formellement, la prospérité des masses du Premier Monde repose structurellement sur le dos du tiers-monde. Depuis les années 1970 ont surgi les programmes d’ajustement structurel, l’endettement, l’accaparement de terres, la dépendance unilatérale d’exportation de matières énergétiques fossiles et de minéraux, ainsi que la délocalisation du travail sale, dangereux et nocif pour la santé dans des sweatshops3 qui ébranlent les pays du Sud. Pour une partie de la population, un certain bien-être matériel peut tout de même être généré. L’ascension de la classe moyenne dans les pays émergents a cependant creusé le fossé présent dans la société -­ une tendance qui explique le choix du candidat d’extrême droite Jair Bolsonaro au Brésil. Là-dessus se greffent les conséquences toujours plus graves du changement climatique, alimenté par les rejets excessifs de CO2 des pays industrialisés et émergents. Pour ne pas excéder les limites écologiques de la planète, chaque individu ne devrait plus produire aujourd’hui que 2,5 tonnes de CO2 par an. La moyenne en Europe est de 11 tonnes par an! En même temps, nous sommes confronté·es au fait que notre «île de prospérité» est protégée par la violence militaire des réfugié·es des guerres, des migrant·es de la pauvreté et des victimes du changement climatique. C’est pour cela que des dizaines de milliers de personnes meurent sur le chemin de l’exil vers l’Europe ou les Etats-Unis.

Le rôle de la social-démocratie

Le rôle de la social-démocratie, à laquelle se réfère toujours Jean Ziegler, est remarquable et particulièrement tragique dans ces processus de société. Après des luttes accompagnées de privations, elle a réussi à intégrer les intérêts des travailleur·euses européen·nes dans le modèle occidental de progrès. Elle a néanmoins raté de manière catastrophique la mise en œuvre d’un véritable changement dans les têtes. La social-démocratie est restée prisonnière du compromis de classe fordien, de l’idée de l’Etat-nation et de ses liens identitaires. C’est ainsi qu’aujourd’hui, dans les sociétés occidentales, une conscience internationaliste, globale fait gravement défaut. Tout au contraire, le néocolonialisme envers de nombreux pays du Sud est une condition indispensable au maintien de la société de consommation dans les pays occidentaux. C’est justement ce qui empêche l’élaboration d’un intérêt de classe commun. La scission entre la classe globale des travailleur·euses a été encore énormément creusée par l’idéologie du racisme. Comme l’a écrit Jean Ziegler dans son livre paru en 2015 Changeons le monde: «L’intégration des ouvriers·es européen·nes dans la stratégie et le projet impérialiste a signifié la mort de toutes les théories, des solidarités concrètes avec les classes asservies du tiers-monde». Pour ces erreurs fatales, les partis sociaux-démocrates paient aujourd’hui un prix élevé. Au lieu de se solidariser avec les réfugié·es et les migrant·es des pays du Sud, de plus en plus de gens se laissent contaminer par la peur alimentée par les partis de droite et d’extrême droite. Les partis sociaux-démocrates ne contrent pas cette tendance – au contraire, ils glissent eux-mêmes toujours plus vers la droite. Ainsi beaucoup de gens ne votent pas seulement pour une politique nationaliste et de mépris humain, mais aussi au fond contre leurs propres intérêts. Car la richesse de la société ne sera plus seulement transférée du Sud vers le Nord, mais aussi depuis plusieurs décennies dans les sociétés riches du bas vers le haut. La social-démocratie est ici une complice complaisante. Nous devons nous organiser contre cela et lutter encore pour l’émergence d’une conscience internationale. Il est primordial d’ancrer dans la tête des gens que les causes structurelles des migrations sont étroitement liées au mode de vie impérial occidental, et cela par un travail quotidien participatif et différencié de conscientisation. L’idée que sur une planète aux ressources finies, un système économique irrationnel mû par la croissance, comme le capitalisme, mène à la ruine, doit être un bien commun. Et, last but not least, il faut toujours souligner qu’aujourd’hui, plus personne ne devrait avoir faim ou être dans le besoin. Selon moi Jean Ziegler est l’un des critiques fondamentaux du «mode de vie impérial» actuel, même s’il n’a pas encore intégré l’expression dans son instrumentarium de concepts.

La Straze, bien plus qu’une maison

de Torsten Galke, 1 juin 2019, publié à Archipel 282

Le projet de la STRAZE est né de l’idée de faire quelque chose de soi-disant impossible: s’engager politiquement dans une région que beaucoup considèrent comme laissée pour compte, n’ayant rien à offrir. Comment vivre et travailler de manière autogérée, solidaire et ouverte sur le monde dans une région où l’AfD a engrangé ses meilleurs scores électoraux (46,8% à Peenemünde) et où des anciens et des nouveaux nazis s’engagent dans ces zones «de colonisation», déjà instiguées sous Hitler? Depuis la chute du mur, le Land du Mecklembourg, très agricole, se bat contre la fuite des cerveaux, l’exode des personnes qualifiées. Depuis les années 90, les postes de travail dans l’agriculture ont été très largement automatisés. L’industrie y est quasi inexistante. Seul le tourisme fonctionne encore, à la va-comme-je-te-pousse, mais le personnel y est très mal payé. Dans ce vide, il y a une véritable renaissance de la mouvance völkisch[^1], se camouflant derrière l’image d’artisans et de paysans bios et écolos. Retour à la terre et loin des villes modernes qui «corrompent la culture allemande». En parallèle, le NPD (Nationaldemokratische Partei Deutschlands, parti politique ultranationaliste allemand) y a développé une stratégie spécifique: ils se sont substitués aux infrastructures culturelles inexistantes en répandant leurs idées, infiltrant les clubs de jeunes, conseillant les chômeur·ses et organisant des fêtes populaires. Les concerts de rock d’extrême droite, les groupes de combat paramilitaires et le travail de la droite auprès des jeunes a ici œuvré pour et créé un espace où ceux et celles qui pensent autrement, qui ne parlent pas la même langue ou qui ont une autre orientation sexuelle peuvent être ouvertement attaqué·es et agressé·es. Au Mecklembourg, les attaques verbales et la chasse aux étrangers ont augmenté massivement depuis 2015. Pourtant, les étrangers ne représentent que 4,6% de la population du Land, le chiffre le plus bas de toute l’Allemagne. Les personnes ayant des idées et perpétrant des actes fascistes ne sont pas considérées comme criminel·les ni marginalisées. Au contraire, elles contrôlent quelques zones de la région («les zones libérées nationales»). De plus, il existe des groupes d’extrême droite qui se préparent réellement au combat, car, selon eux, l’inévitable situation de crise est imminente. Ils s’entraînent aux sports de combats, au maniement des armes et attendent l’instant où l’Etat perd le contrôle. En 2017, un de ces réseaux a été démantelé: le groupe survivaliste du nom de «Nordkreuz» dont les membres se composaient de juges, de soldats, de policiers, d’artisans. Toutes ces personnes se préparaient pour le jour où elles pourraient éradiquer de leur chemin les quelques 25.000 opposants politiques dont ce groupe avait les adresses dans un fichier. La liste des organisations néofascistes qui agissent dans la clandestinité est longue, elle va de Combat 18, Blood and Honour et diverses Kamaradschaft[^2] jusqu’aux corporations d’étudiants observant des rites et aux identitaires. Des intellectuels d’extrême droite aux grosses brutes épaisses.

L’origine du monde

de Julia Jahnke, 1 juin 2019, publié à Archipel 282

Drôle, parfois angoissant, historique, politique, radical, dense et riche en informations, concis et pertinent... La BD L’origine du monde de Liv Strömquist s’intéresse à l’organe sexuel féminin.

Selbstverwaltung in Bewegung

de Backe, 1 juin 2019

Organisiert von RiMaflow* und «FuoriMercato-Selbstverwaltung in Bewegung» fand von 12. bis 14. April 2019 in Mailand in RiMaflow das Dritte Euromediterrane Treffen der Arbeiter·innenökonomie statt. 250 Teilnehmer·innen aus 13 Ländern (Belgien, Deutschland, Frankreich, Griechenland, Italien, Kroatien, Kurdistan, Russland, Slowenien, Spanien, Ungarn sowie Argentinien und Brasilien) verbrachten drei intensive Tage des Austauschs: Arbeiter·innen angeeigneter Fabriken, Vertreter·innen von Basisgewerkschaften, Arbeitskollektiven, landwirtschaftlichen Projekten, feministischen Kollektiven, Vertriebskollektiven und anderen Initiativen..

Renaissance der Arbeiterselbstverwaltung

Massenhafte Aneignungen von Fabriken durch die Arbeiter·innen gab es schon in der Geschichte: während der Pariser Kommune 1871, in den revolutionären Kämpfen in Russland 1917, in Norditalien 1920, im Spanien der 1930er Jahre. In diesen Kämpfen ging es allerdings um mehr als um die Sicherung von Arbeitsplätzen. Sie fanden in Krisen der Herrschaftssysteme statt, waren Ausdruck der Stärke und Offensive der Arbeiter·innenbe-wegung, der Zuspitzung der Klassenkämpfe und der Übernahme der ökonomischen und politischen Macht durch die unterdrückten Klassen. In den letzten Jahrzehnten – geprägt durch eine überwiegend defensive Haltung der Arbeiter·innenorganisationen – gab es nur noch wenige, meist kurzlebige Versuche der Aneignung und Selbstverwaltung.

Sexualisierte Gewalt

de Line Fleig, 1 juin 2019, publié à Archipel 282

gezielt als Waffe eingesetzt Längst ist sexualisierte Gewalt gegen indische Frauen hier-zulande ein wohlbekanntes Phänomen. Nur wenig bekannt ist allerdings, dass in Indien von staatlichen Sicherheitskräften sexualisierte Gewalt gegen Frauen als besonders verabscheuenswürdige Waffe bei internen Konflikten gezielt und systematisch eingesetzt wird. Genau diese Lücke schliesst das im April 2018 erschienene Buch «Das Schweigen brechen – Sexualisierte Gewalt in Süd-Chhattisgarh». Darin gelingt es den indischen Autorinnen, die zunehmende Militarisierung in Chhattisgarh historisch herzuleiten, zu analysieren und nachvollziehbar zu machen und somit in einen weiten Kontext zu stellen. Sie zeigen, dass die – unter dem Deckmantel der Bekämpfung der maoistischen Guerillabewegung – vorangetriebene Militarisierung in der Region tatsächlich mit der Durchsetzung von Infrastruktur- und Bergbauprojekten einhergeht. Zahlreiche Projekte sollen gegen den Willen der lokalen, indigenen Bevölkerung durchgesetzt werden. Obwohl die maoistische Bewegung in der Region bereits seit den 1980er Jahren aktiv ist, finden dort grossangelegte, sogenannte «Aufstandsbekämpfungsoffensiven» erst seit den 2000er Jahren statt – seit die Regierung begann, mit Unternehmen Vorverträge für umfangreiche Erschliessungsvorhaben abzuschliessen. Die Autorinnen zeichnen dies anhand konkreter Fallbeispiele nach und zeigen dabei, wie eng Politik, Wirtschaft und Militär miteinander verflochten sind. So wird beispielsweise über den Aufbau und die Exzesse der Bürgerwehrtruppe Salwa Judum berichtet, die zwischen 2005 und 2011 in der Region wütete, mehr als 350’000 Menschen vertrieb und die von staatlichen Institutionen und privaten Unternehmen unterstützt worden war. Die Autorinnen berichten über die Stationierung verschiedener (para-)militärischer Einheiten in immer mehr Feldlagern, von berühmt berüchtigten Polizeiwachen und Führungskräften, sowie von Einsätzen, an denen Einheiten verschiedener Verbände beteiligt waren. Im Kontext von vier grossangelegten Durchsuchungsaktionen, die zwischen Oktober 2015 und Mai 2016 stattfanden, dokumentieren sie ausführlich, wie bei den Einsätzen massenhaft sexualisierte Gewalt eingesetzt wurde. Die Sicherheitskräfte (gruppen-)vergewaltigten demnach gezielt diejenigen Frauen, die versuchten, die Belagerung ihrer Häuser, die Plünderung ihrer Vorräte oder die Zerstörung ihrer Habe zu verhindern. Die Autorinnen kommen zu dem Ergebnis, dass Vergewaltigung und andere Handlungen sexualisierter Gewalt gezielt eingesetzt wurden, um die Bevölkerung in Süd-Chhattisgarh einzuschüchtern, zu demütigen und unter den Dorfbewohner·inne·n Schrecken zu verbreiten. Die Frauen kommen zu Wort Die im Buch aufgeführten Schilderungen der betroffenen Frauen sind schockierend. Die Frauen berichten von Blossstellung und Erniedrigung, von erzwungener Entblössung, von sexualisierten Übergriffen und Vergewaltigungen. Doch das Buch endet nicht damit, den Schrecken der Frauen zu beschreiben, sondern es lässt sie selbst zu Wort kommen und es zeigt, wie sie sich dagegen zur Wehr setzen. Gerade auch darin liegt eine der Stärken des Buches: Es wird den Betroffenen selbst Raum gegeben, in ihren eigenen Worten über das zu berichten, was ihnen widerfahren ist und es zeigt sie als politische Akteure, die trotz widrigster Umstände versuchen, dagegen vorzugehen. In Wort und Bild vermittelt es Einblicke in die Lebensumstände der Dorfbewohner·innen, die kaum Zugang zu Bildung oder medizinischer Grundversorgung haben und deren Dörfer nur schwer zugänglich sind. Lebendig schildert es, wie Frauen aus diesen Dörfern bei zuständigen Behörden vorstellig wurden und es ihnen gelang, nach der indischen Gesetzesnovelle zu Vergewaltigung erstmals die Aufnahme von First Information Reports (in etwa: Anzeigen) durchzusetzen, bei denen Sicherheitskräfte sexualisierter Übergriffe beschuldigt werden. Im umfangreichen Anhang werden u.a. die dabei aufgenommenen Aussagen von mehr als 20 Frauen dokumentiert. Die Autor·innen haben die Frauen nicht nur begleitet, sondern sie aktiv bei diesem Prozess unterstützt. In einem militarisierten Kontext haben sie sich dabei selbst Gefahren ausgesetzt. Auch davon berichtet das Buch. Mehrfach gibt es Einblicke in die schwierige Lage, in die sich indische NGOs, Journalist·inn·en und Menschenrechtsaktivist·inn·en begeben, die solche Missstände anprangern. Im knappen Vorwort der deutschsprachigen Ausgabe wird auch ein Bogen zur Mitverantwortung der Bundesregierung und deutscher Unternehmen gespannt. Es wird darauf verwiesen, dass Deutschland substantiell an der Aufrüstung des indischen Sicherheitsapparates und an zahlreichen Infrastruktur- und Industrialisierungsprojekten beteiligt ist. Line Fleig

Appel à la solidarité

de Coordination des collectifs de solidarité avec Pinar Selek, 1 mai 2019, publié à Archipel 281

Communiqué de la Coordination des collectifs de solidarité avec Pinar Selek. Face à l’imminence d’une condamnation à la prison à perpétuité, la solidarité avec Pinar Selek s’amplifie. Réunie à Lyon les 23 et 24 mars 2019, la Coordination des collectifs de solidarité avec Pinar Selek, constituée le 27 août 2017, tient à rappeler que la persécution politico-judiciaire que subit l’écrivaine et sociologue franco-turque depuis 21 ans, se poursuit malgré quatre acquittements. La Cour suprême de Turquie peut statuer à tout moment. Le procès se tiendra à huis-clos, sans présence des avocats: le procureur a requis à nouveau la prison à perpétuité. Outre les conséquences directes sur Pinar Selek, un tel verdict aurait aussi de graves répercussions sur sa famille et ses proches restés en Turquie. Autant d’éléments qui sont contraires aux principes internationaux de justice ainsi qu’à la charte européenne des Droits humains, alors même que la Turquie est membre du Conseil de l’Europe. Les collectifs de solidarité trouvent là l’objet principal de leur engagement. La Coordination a analysé l’aggravation de la situation politique, sociale et économique en Turquie: modification des alliances internationales (Iran, Russie, Syrie, Pays européens, Etats-Unis...) et de politique intérieure (tentative de coup d’Etat güleniste), licenciement massif de fonctionnaires, dépréciation de la monnaie et montée du chômage. Le seul élément de stabilité de la politique de l’Etat turc est la constance des procès, des enfermements et de la répression. A l’occasion de cette rencontre nationale, Pinar Selek, présente au milieu de ses ami·es et soutiens, a souligné que l’Etat turc exacerbe aujourd’hui le nationalisme sur la base d’une instrumentalisation du religieux. Elle a en outre dénoncé l’absence de démocratie et l’ampleur de la répression en Turquie, qui mettent en péril toute possibilité de réconciliation nationale entre Kurdes, Arméniens et Turcs. Elle a également mis l’accent sur le caractère dramatique de la crise économique qui conduit à l’augmentation des inégalités et à l’accroissement de la pauvreté. Elle a par ailleurs fait le constat de l’augmentation exponentielle des dérives autoritaires de nombreux Etats à travers le monde, y compris en Europe. La Coordination dénonce la faiblesse coupable de la politique européenne qui a cédé au chantage économique et politique du gouvernement turc, instrumentalisant les questions des droits humains et des migrants. Elle demande que l’Europe et le gouvernement français prennent des positions fermes à ce sujet et condamnent explicitement les dénis de justice, les arrestations et les enfermements arbitraires de journalistes, fonctionnaires, artistes et écrivains, universitaires et enseignants, militants politiques, syndicaux et associatifs, et même de personnels humanitaires. Elle appelle l’ensemble des citoyen·nes à se mobiliser pour atteindre ces objectifs et obtenir, par un solide courant de solidarité et de soutien, l’acquittement définitif de Pinar Selek. A l’heure où la Coordination se réunissait à Lyon, l’une des militantes du collectif de Nice, Geneviève Legay, porte-parole d’ATTAC, a été bousculée par la police. Sa chute a occasionné un traumatisme crânien, notamment. La Coordination des collectifs de solidarité avec Pinar Selek dénonce cette violence policière comme les violences policières systématiques qui touchent celles et ceux qui s’opposent aux politiques menées par Emmanuel Macron et son gouvernement.

Campagne contre la communauté LGBT

de Jan Opielka, Gliwice, correspondant n-ost, 1 mai 2019, publié à Archipel 281

Aujourd’hui, en Pologne, la peur des réfugié·es ne suffit plus à faire gagner des points en politique – c’est pourquoi le gouvernement polonais, prêt à tout à la veille de l’élection européenne, cible une nouvelle minorité: les homos et lesbiennes et leurs «organisations bolcheviques LGBT». Le pays est en campagne électorale. En mai pour les élections européennes, à l’automne pour le parlement du pays. Le parti national-conservateur au pouvoir «Droit et Justice» (PiS), malgré la bonne situation économique, reçoit un vent violent au visage – les sondages laissent prévoir la victoire des partis d’opposition aux élections européennes fin mai. Après les expériences de 2015, le PiS sait de quelle recette il a besoin pour une victoire électorale: les promesses de réformes nécessaires, de pair avec une polarisation et une certaine idée de l’ennemi. En 2015 c’étaient les réfugié·es syrien·nes que le chef du PiS soupçonnait d’avoir «des parasites dans l’organisme». Le PiS a gagné haut la main.

De la parole à la grève

de Guite Theurillat, 1 mai 2019, publié à Archipel 281

Le 14 juin prochain, les femmes feront la grève en Suisse. Bien que l’égalité soit inscrite dans la Constitution fédérale depuis 1981, en Suisse le sexisme, les inégalités de salaires, les violences à l’encontre des femmes persistent toujours, ceci malgré un discours politiquement correct sur l’égalité. Partout dans le monde, nous assistons à un renouveau des mouvements féministes: aux Etats-Unis, en Espagne, en Islande, en Pologne, les femmes sont descendues dans la rue pour faire valoir leurs droits.